Dimanche 30 novembre ... Coup de tonnerre dans un ciel serein quoique légèrement couvert, voire enfumé par tout ce que recrachent nos belles usines.

Les hommes d'aujourd'hui fabriquent deux fois moins de spermatozoïdes que leur grand-père !

(Je ne savais pas qu'à l'époque de mon grand-père, on s'amusait déjà à compter les spermatozoïdes)

Moi, dans ma candeur juvénile - on se rajeunit comme on peut - je croyais que, puisqu'au final il n'y avait qu'un seul gagnant dans la course à l'ovule, (surnommé "supermatozoïde") le nombre initial importait peu, et que finalement, qu'on en ait cinquante ou cent millions ne changeait pas grand chose.

Eh bien je me trompais. C'est comme pour les équipes de foot qui jouent à domicile, plus les supporters sont nombreux pour leur galvaniser le moral, plus elles ont de chances de gagner.

A mon avis, de même qu'on fait des enquêtes sur le moral des ménages (il semblerait qu'en ce moment il ne soit pas au beau fixe), on devrait en faire sur le moral des spermatozoïdes. Je vois ça d'ici (on procéderait par sondage représentatif, un petit millier devrait suffire).

Bon, où en étais-je ? Ah oui, la perte de fertilité des hommes ... il paraît que ce serait dû en grande partie aux pesticides. Peste !

Depuis que l'info circule, les producteurs de fruits et légumes s'insurgent. Sans pesticides, leur production risque de baisser de moitié.

Dans ma juvénile candeur - je tiens décidément à me rajeunir - il me semblait que si la fertilité masculine baissait de cinquante pour cent, le nombre de nos descendants risquait d'en faire autant, et que dans ces conditions à quoi bon continuer à produire autant de fruits et légumes ?

D'un autre côté, si en arrêtant l'usage des pesticides on retrouve des taux de fécondité dignes de la Californique, et si dans le même temps la production des fruits et légumes baisse de moitié, on est mal barrés.

Reconnaissez que le dilemme est cornélien. Il faudrait couper la poire en deux (s'il reste encore des poires).

Evidemment, il y a le don de sperme, que l'on peut spermettre néanmoins de mettre en question. Car si on n'en a déjà pas assez pour les besoins de la famille, est-il raisonnable de le donner aux autres ?

En plus, c'est assorti de graves questions éthiques. Des enfants nés d'un don de sperme demandent aujourd'hui le droit de connaître leur géniteur (qui n'a pas forcément envie, lui, de se faire connaître). C'est un sujet qui fait assez facilement la une des journaux ces jours-ci.

On oublie cependant de donner le point de vue des "pères biologiques". Personnellement, ça m'embarrasserait énormément d'avoir des enfants un peu partout sans les connaître. Vous imaginez l'angoisse, si un jour avec ma voiture j'écrase un môme, de me dire que j'en suis peut-être le génial géniteur ? Evidemment, la perspective devrait m'inciter à lever le pied de l'accélérateur, ça aurait au moins ça de positif.

Et que fait-on du risque que mon fils épouse une quelconque demi-soeur ?

Naturellement, certains esprits aigris et portés à la critique gratuite diront que, ayant vécu assez longtemps en Amérique, où mon charme (qui était alors effectivement juvénile) a fait des ravages, et pas mal de temps dans plusieurs pays d'Afrique, j'ai peut-être ici ou là laissé quelques centaines d'enfants sans le savoir.

A ce genre de propos, je me bornerai à opposer le silence de la probité injustement offensée.


Samedi 29 novembre ... On n'arrête pas le progrès. Récemment avisé de l'ouverture du secrétariat électronique du Père Noël, j'ai voulu en savoir plus.

Voici ce que je lis :

Ouverture du secrétariat électronique du Père Noël

Découvrez le site du Père Noël ouvert depuis le 20 novembre par La Poste.

Comme tous les ans depuis 1996, les enfants peuvent envoyer un message au Père Noël par courrier électronique : en 2007, La Poste a ainsi reçu plus de 180 000 courriels. Pour cela, il suffit donc de cliquer sur l’icône "Ecris au Père Noël" et de suivre les indications. Les traditionnels courriers au Père Noël sont également traités puisque La Poste collecte les lettres et dessins adressés au Père Noël et les expédie au centre de Libourne en Gironde.

Tous les enfants qui écrivent au Père Noël avant le 20 décembre reçoivent, en retour, une carte-réponse ainsi qu’un théâtre de papier avec des personnages à découper.

Recevoir une carte réponse et un théâtre en papier avec des personnages à découper, voilà qui est super motivant.

Enfin, pour des enfants.

Mais si on veut que les adultes écrivent aussi, il va falloir trouver autre chose.

Tiens, pourquoi pas leur envoyer des poupées à l'effigie de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal avec une collection d'aiguilles à leur enfoncer dans le gras du bide ? Voilà qui serait original, et puisqu'en fin de compte ces poupées n'ont pas été retirées de la vente ...

On pourrait aussi leur offrir un Taser, ça ferait triplement plaisir, aux destinataires, au DG de la société éponyme qui a perdu son procès contre Olivier Besancenot et qui doit craindre pour son chiffre d'affaire, et à Olivier Besancenot soi-même, parfaite figure emblématique de la Poste, qui lui n'attend pas le 20 novembre pour s'évertuer à nous faire croire au Père Noël.

Et si on veut vraiment aller voir du côté des personnages à découper, je verrais assez bien une crèche avec nos actuels dirigeants.

J'ai ma petite idée pour le rôle de l'âne et pour celui du boeuf, mais ne comptez pas sur moi pour vous la dire, je sais que je suis surveillé.

Si enfin vous voulez vous aussi écrire au Père Noël, histoire de lui demander la remontée du CAC40, cliquez sur ce lien. Peut-être entre temps la Poste aura-t-elle repris mon idée ? Peut-être ...


Vendredi 28 novembre ... Mario Resca (vous connaissez ? moi pas jusqu'à récemment), qui fut directeur du casino de Campione et de la chaîne Mc Donalds en Italie, vient d'être nommé par le ministre de la culture Sandro Bondi responsable des musées italiens.

Ce qui fait un sacré paquet.

Il va devoir gérer des réductions budgétaires à hauteur de un milliard d'euros en 3 ans.

Ca n'a l'air de rien, un milliard d'euros, mais mine de rien si je les avais je serais milliardaire !

Mario Resca a déclaré - et l'on comprend mieux qu'après cela il ait été nommé responsable de l'ensemble des musées de la péninsule : "les biens culturels de l'Italie sont une sorte de pétrole qu'il faut valoriser", et s'est déclaré prêt à "faire circuler nos oeuvres dans le monde pour dégager des profits".

Chouette, on n'aura plus besoin d'aller à Florence pour ... voir Florence, ou à Venise pour faire un tour sur le canal !

Dégager des profits, aujourd'hui, c'est assez rare pour ne pas laisser passer l'occasion ("ne pas laisser passer l'occasion" ne signifiant pas ici "interdire le passage de la frontière à un vieux tableau").

Bien sûr, vous connaissez la différence entre Florence et Bécon les Bruyères ? A Bécon les Bruyères, il y a des filles qui s'appellent Florence, mais à Florence ...

Bref, si j'ai bien compris l'ancien directeur de Mc Donalds, quand il entend le mot culture, il sort son hamburger.

Et rien que pour vous prouver que j'en ai de la culture (bien qu'acquise ce matin sur Internet), je vous dirai que la citation du paragraphe précédent n'est, contrairement à ce qu'on croit en général (ou en maréchal), ni de Hermann Göring, ni de Joseph Göbbels.

En fait, elle a été prononcée par Friederich Thiemann, le 20 Avril 1933, date du 44ème anniversaire d’Hitler (penser qu'en avril 1989, personne n'a songé à fêter officiellement le centenaire de sa naissance ! Il est vrai qu'on était trop occupé, du moins en France, par le bicentenaire de la révolution, mais quand même !)

Vous ne connaissiez pas Friederich Thiemann ? C’est normal, il n’a jamais existé !

C'était un des protagonistes de la pièce de théâtre Schlageter de Hans Johst, dont la première avait lieu ce jour-là.

Hans Johst, (1890-1978), national-socialiste convaincu - ce qui ne l'a pas empêché de vivre 88 ans comme quoi il n'y a pas de justice immanente - a dû à plusieurs romans, poésies et pièces de théâtre d’être lauréat de différents prix littéraires octroyés par le Parti.

Très introduit dans le petit cercle des intimes du Führer, il y était reconnu comme "le barde de la SS".

D'où le slogan bien connu : "avec la SS, ça va barder !" (attribué, également à tort, à Göring)

La phrase exacte prononcée par "Thiemann" à l’acte 1 scène 1 est « Wenn ich Kultur höre... entsichere ich meinen Browning » (Quand j’entends le mot culture ... j’enlève le cran de sûreté de mon Browning). Vous n'êtes pas obligés de lire toute la pièce si ça ne vous intéresse pas, il n'y aura pas d'interro écrite.

Et si le 20 avril 2089 vous oubliez le bicentenaire d'Adolf, vous ne serez pas fusillés. En tous cas j'espère. En tous cas pas par moi.

Vous et moi en tous cas, nous nous coucherons moins bêtes ce soir. J'avoue que ça fait du bien !


Jeudi 27 novembre ... je suis en train de trier quelques centaines de vieilles diapositives (entre 35 et 45 ans d'âge) et je retrouve les photos que j'avais faites à l'époque où, me prenant pour un artiste, je passais des nuits dans ma chambre d'étudiant aux Etats-Unis à couvrir des feuilles de Canson de cires de couleur fondues (pour la spontanéité) et cerclées de tracés ésotériques de feutres de couleur, traits en forme de labyrinthe, écrits plus ou moins poétiques inspirés par l'image ...

Il y a aussi une tentative de sculpture à partir d'un découpage de canettes de Pepsi Cola (j 'avais déjà inventé le tri sélectif et le recyclage), ainsi que de la pellicule 35 mm cloquée par la chaleur ou martyrisée au cutter, puis colorisée, une technique qui produit des résultats parfois inattendus ... et pour finir, une diapo obtenue en pose en déplaçant l'appareil devant des sources lumineuses.

J'ai mis ces diapos sur un album Internet, il vous suffit pour les voir de cliquer sur les mots "album Internet" (celui-là ou l'autre avant), et le miracle opère.

C'est bon de retrouver ainsi de vieux souvenirs ... évidemment, les photos sont de qualité très moyenne, parfois poussiéreuses, et les commentaires que j'ai cru bon de rajouter sont de conception récente et ne visent à rien d'autre qu'à distinguer un dessin d'un autre, afin que dans les salons et autres galeries de peintures, quand on évoquera mon génie pictural, on sache au moins de quoi on parle ...

J'ai choisi de vous offrir ces dessins, plutôt que la kyrielle des photos des enfants dont j'ai eu à m'occuper en tant que moniteur de colonie de vacances. J'ai bien fait ? De toutes façons, sur Internet, je préfère ne pas publier de photo d'enfants ... (même s'ils ont aujourd'hui entre 45 et 50 ans et que j'aimerais assez savoir ce qu'ils sont devenus).

Evidemment, on pourra penser que lorsque j'étais aux USA, j'ai fait mumuse au lieu d'étudier. On se trompera, je n'ai pas fait que du dessin, j'ai aussi fait du tourisme. Le plus souvent avec de belles américaines (*).

Vous pouvez dire ce que vous voulez, je m'en fiche, 39 ans après il y a prescription.

(*) je parle de voitures américaines ... (**)

(**) vous pouvez penser ce que vous voulez, je m'en fiche, 39 ans après, il y a prescription.


Mercredi 26 novembre ... Mu par ma seule bonté d'âme et parce que y en a marre de voir le parti socialiste se déchirer (j'imagine que la procédure de récolement en cours à pour but de le ... recoller ?), je propose une souscription qui devra lui permettre de procéder à ses élections internes avec toute la rigueur républicaine souhaitable.

J'ouvre le catalogue Bruneau, mobilier, consommables, équipements et fournitures de bureau, et j'y trouve, à la page 281, des urnes électorales en polyéthylène téréphtalate transparent (la transparence tant prônée par nos politiques commence à ce niveau), recyclable, incassable, fermeture par deux cadenas fournis, avec clés différentes, conformité garantie au code électoral, avec compteur, remise à zéro du compteur uniquement par l'intérieur de l'urne. Nettement plus efficace que de simplement prier "ne nous soumets pas à la tentation" !

Le modèle 400 bulletins pour 190 € hors taxes, le modèle 1.200 bulletins pour 249 €.

Les enveloppes "élections" sont à 38,30 € la boîte de 1000. Cinq couleurs au choix, mais pas le rose, malheureusement.

L'isoloir, stable et facile à monter, pour 279 € ht, 199 € pour le suivant, et 375 € l'isoloir pour personne à mobilité réduite.

Je conviens que ce n'est pas donné, et en plus je ne sais pas combien il y a de représentations du PS sur le territoire, mais j'imagine que Bruneau pourrait tirer les prix.

Allez, faites un geste, quoi, il en va pour le PS de sa crédibilité, je n'ai pas dit de sacrée débilité mais de sa crédibilité.

Et si c'est vraiment trop cher, il existe un modèle d'urne dite "pour tombola et boîte à idées", avec une simple serrure et sans compteur, pour 49,90 €.

Vu le côté "tombola" des élections au PS, et vu son besoin flagrant de boîtes à idées, si possibles pertinentes, cela pourrait peut-être suffire.

Evidemment, elle est en plexiglas, ce qui fait tout de même nettement moins riche que le polyéthylène téréphtalate, qui est un polymère de synthèse produit par polycondensation de l'éthylène glycol avec l'acide téréphtalique.

Mais bon, le luxe ostentatoire ne sied pas à un parti de gauche.

Il est vrai que le polyéthylène téréphtalate est plus communément appelé PET, et qu'il sert surtout à faire des bouteilles, pour le coup c'est peut-être un peu trop prolo pour notre gauche caviar.

(Pour qu'une urne recyclée finisse en bouteille, il suffit d'y ajouter un i ...)

Evidemment, si on prend le plexiglas, ma commission chez Bruneau sera moins élevée, ça fait réfléchir ! si la pub ne me permet plus de couvrir les frais de maintenance de mon site Internet, je vais devoir instaurer une redevance ...


Mardi 25 novembre ... Dimanche matin (eh oui, l'actualité est trop abondante pour qu'une chronique simplement quotidienne parvienne à suivre !) j'entendais à la radio une information concernant un couple belge qui avait vendu un bébé pour 10.000 € à un autre couple, néerlandais celui-ci.

Si la législation néerlandaise semble être assez claire sur le sujet, le droit belge le serait beaucoup moins, et les tribunaux belges en étaient encore, semble-t-il, à rechercher un chef d'inculpation.

On peut espérer qu'il en sera trouvé un assez rapidement.

Si toutefois un doute devait subsister, j'en aurai un tout prêt à proposer, le délit de plagiat.

Plagiat ? Eh bien oui, celui du film des frères Dardenne, "l'enfant" ... ça se ressemble assez, non ?

Et si vous n'avez pas vu ce film, courez acheter le DVD.

Tant que vous y serez, profitez-en pour acheter celui du film de Philippe CLAUDEL, "il y a longtemps que je t'aime", que nous avons enfin réussi à voir samedi dernier après avoir demandé au ciné-club du coin de le programmer.

Profitez-en aussi pour acheter un écran plasma géant ou un vidéo projecteur, car le jeu prodigieux des acteurs, et surtout des actrices, passe par les expressions les plus ténues des visages, et ce n'est pas sur l'écran de votre téléphone portable que vous allez pouvoir l'apprécier.

Allez, comme ma chronique d'aujourd'hui est un peu courte, je vous offre un mot valise :

Afromage : sorcier noir qui lit l'avenir dans les croûtes de camembert.

Moi, je ne me risquerai pas à prédire l'avenir de l'enfant vendu pour 10.000 €, puis rendu à sa famille (dont on ne dit pas si elle a restitué l'argent, ni d'ailleurs si elle a effectivement repris l'enfant, ou s'il a été placé en famille d'accueil, laquelle, ô scandale, l'aura obtenu sans rien payer ...).

Si encore il avait été vendu cinquante ou cent mille ... mais dix mille ! c'est faire quand même peu de cas de la valeur d'un être humain !


Lundi 24 novembre ... Les semaines sociales de France, nées en 1904, juste un an avant la loi de 1905, n'importe quel mathématicien vous le confirmera, consacrent leur thème de cette année à la question : "les religions, menace ou espoir pour notre société ?"

C'est l'occasion que saisit un maître de conférences à Sciences Po Paris, Olivier Bobineau, pour rattacher l'esprit de la laïcité, celui qui inspira Aristide Briand, à la devise de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Liberté, comme liberté de conscience, liberté de culte ou de non culte, liberté d'opinion et d'expression.

Egalité, comme un droit identique de toutes les convictions à s'exprimer et à obtenir les mêmes garanties de respect et de tolérance.

Fraternité, comme devoir de chacun, quelle que soit sa pratique, de reconnaître la suprématie du lien qui unit tous les hommes, sur la mise en exergue de ce qui les divise.

Je suis d'accord, comment ne pas l'être ?

Mais cela ne suffit pas à répondre à la question : "les religions, menace ou espoir ..."

Il y manque juste une réflexion identique, tenue de l'intérieur de chaque religion, de chaque système de pensée ayant prétention à l'universalité.

Pour étayer une telle réflexion, je proposerai, au hasard, trois mots : liberté - égalité - fraternité.

Liberté reconnue à l'autre de ne pas penser comme moi, liberté pour chacun d'avoir une pensée autonome, y compris à l'intérieur de sa pratique religieuse ou philosophique, sans obligation d'allégeance aux dogmes, sans pour autant paraître schismatique.

Egalité reconnue des différentes formes de discours religieux (dur, dur ! comment admettre que celui qui pense autrement puisse avoir autant raison que moi, qui m'estime investi d'une vérité révélée, donc absolue ?)

Fraternité, celle qui fait reconnaître les différences comme une source de richesse et non d'opposition. Aller à la rencontre de la différence, non pour s'y diluer, mais pour penser plus haut, plus juste, plus universel.

Dur, dur, je l'ai dit ... mais voici précisément que, juste au-dessus de cet article, un autre me saute aux yeux, j'en cite une phrase : "quelque chose d'essentiel ne pourrait pas mûrir en nous si la diversité religieuse disparaissait".

Ah comme c'est vrai. Et bien sûr, c'est un protestant qui écrit cela. Comme quoi le protestantisme, on dira ce qu'on voudra, c'est quand même vachement mieux que les autres religions, je le dis en toute simplicité laïque ...


Dimanche 23 novembre ... Eh oui, désolé, bien que les résultats soient quasiment ségaux, et même si Ségo ségo... sille, il va falloir changer nos bons vieux habits, nos bonnes vieilles habitudes ...

Pour ce qui est du couscous, ça va peut-être (l'espoir fait vivre) nous changer des boulettes, de la semoule et des pois chiches.

En tous cas, avec les crêpages de chignon qui s'annoncent, on ne risque pas de manquer de piment ...

J'ai entendu parler d'une élection à l'issue de laquelle le candidat perdant avait sportivement reconnu sa défaite et promis d'apporter sans réticence son concours au vainqueur.

Las, ce n'était pas pour l'élection du premier secrétaire du parti socialiste mais pour celle du président des Etats-Unis.

Tant mieux pour les Etats-Unis, tant pis pour l'opposition en France, qui aurait en agissant de la sorte retrouvé un semblant de crédibilité et de dignité.

Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? Je m'en fiche "aubryellement".


Samedi 22 novembre ... En lieu et place d'une actualité déprimante (mettez dans cette remarque pessimiste ce que vous voudrez) je vous offre une chanson de Robert Charlebois, telle que chantée par la chorale où j'officie en qualité de basse. cliquez ici.

Et comme c'est encore trop sérieux, j'en ai réécrit les paroles. Cliquez .

Je précise que je ne fournis pas les alcools.

Chansons, je veux bien, échanson je ne puis ...

Au fait, ma fameuse tarabatière s'appelle également une grelinette, et voici à quoi ça ressemble (on clique pour agrandir, je vous prie) :

Grelinette étant une marque déposée des Ets GRELIN (à ne pas confondre avec la gredinette des établissements GREDIN, ni avec la dînette des Ets DIN), je suppose que la tarabatière n'est qu'une pâle copie qui s'avance masquée sous un faux nom. Pouah berk ... exigez la vraie, la seule, la grelinette, celle qui quand vous l'utilisez fait grelin grelin ...


Vendredi 21 novembre ... J'espérais pouvoir vous montrer une tarabatière en photo, mais j'en serai pour mes frais, même Google n'a pas l'air de savoir ce que c'est.

Et pourtant, j'en ai bien vu une mercredi après-midi dans un magasin de jardinage.

Donc ça sert à jardiner ...

En fait, c'est une espèce de fourche bêche à quatre dents très large (pas loin de 50 cm) munie de deux manches, un à chaque extrémité, et donc ça se tient à deux mains (le manche gauche avec la main gauche et le droit avec la main droite, soyons précis).

On enfonce le truc dans le sol, puis on tire des deux côtés à la fois pour retourner la terre. Attention, dit l'affiche affichée à côté de l'engin, on ne soulève pas les mottes, donc pas d'effort inutile, mais on émiette la terre, on la pulvérise, la lacère, la broie (là, j'embellis un peu le texte).

Révolutionnaire, vous dis-je ! tellement que j'ai eu beau chercher dans tous les sites de jardineries de France et même du Québec, je n'en ai pas vu la queue d'une bien qu'elle en ait deux (des queues).

Et en plus, ça s'appelle une tarabatière ! d'après, je suppose, le verbe tarabater, inconnu également au bataillon, mais qui vous a une petite sonorité québécoise, d'où ma recherche sur des sites canadiens. Alors si quelqu'un peut m'éclairer, je ne dis pas que j'irai jusqu'à lui offrir une tarabatière, mais je lui offrirai au moins le point d'interrogation qui actuellement m'encombre.

Mais parlons d'autre chose. Un vieil ami à moi, qui tient lui aussi une chronique, m'a autorisé à reproduire ici un de ses éditos. Le voici :

Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.

Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.

On y ajoutera le cynisme, car la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.

J'ai oublié de vous dire le nom de cet ami. Il s'appelle, ou plutôt s'appelait Victor Hugo. Le texte concernait Napoléon III. Avec la manie qu'ont certains de nos actuels dirigeants de porter plainte à tout bout de champ pour outrage, je préfère ne pas dire à qui ça m'a fait penser. Tant pis pour vous si vous ne trouvez pas.


Jeudi 20 novembre ... aujourd'hui est jour de grève pour les enseignants.

D'où mon scrupule : dois-je écrire ma chronique de ce jeudi, ou ne le dois-je pas ?

Epargnez-moi je vous prie les ricanements : oui, ma chronique a clairement une visée pédagogique. Oui, elle tend (et parvient) à l'éducation des foules laborieuses qui, le soir venu, cherchent à se plonger dans la culture à son plus haut niveau.

Qui le niera ? je vous ai offert depuis le début quelques belles leçons d'orthographe, pas mal de vocabulaire, de la philosophie en veux-tu en voilà, et même quelques envolées sur la physique quantique et sur le théorème de Gödel et la conjecture de Syracuse.

Quel professeur, du temps où vous fîtes vos études, vous en aura apporté autant ?

C'est donc une affaire classée, ce site pouvant être considérée à l'égal d'un cours du Collège de France, je ferai donc grève.

Tintin pour vous, pas de chronique aujourd'hui.

Evidemment, le dire alors que j'en suis déjà à la dixième ligne et que ce qui est écrit ci-dessus ressemble déjà fortement à une chronique, ce n'est pas me direz-vous très malin !

Et vous, malins, vous vous le croyez ?

Eh bien puisque c'est comme ça, interro écrite. Après tout, il n'y a pas de bonne pédagogie sans contrôle des connaissances, et si je veux gagner mon droit de faire grève, je dois faire tout bien comme un vrai prof. Ou comme disait Zazie, quand je serai grande, je veux faire instit pour faire scier les mômes ...

Allez, à vos stylos. Voici un petit sujet de dissertation :

"Consacrer une chronique entière à expliquer pourquoi on ne fera pas de chronique s'apparente-t-il à une mise en abyme, ou à une schizophrénie rampante ?"

Vous avez deux heures.

Et si c'est trop compliqué, une question subsidiaire :

"qu'est-ce qu'une tarabatière ?"

(rassurez-vous, il y a une heure, je ne savais même pas que ça existait. Et on est prié de ne pas chantonner "j'ai du bon tarabac dans ma tarabatière" ...)

La réponse demain.


Mercredi 19 novembre ... Hier après-midi, me promenant dans mon village, je fus saisi d'effroi !

Ayant par hasard mon appareil photo par devers moi, je fixai sur la carte mémoire (on ne peut même plus dire "fixer sur la pellicule" de nos jours) et aussi vite que je le pus l'objet de ma frayeur.

Un tyrannosaure, un authentique tyrannosaure, pointait son cou et sa gueule armée de dents aussi acérées que menaçantes au-dessus de la route que je m'apprêtais à emprunter.

Nul doute sur la bête, même si son corps monstrueux était masqué par la végétation. L'animal guettait sa proie, gueule ouverte, pointée au bout d'un cou gracile mais visiblement puissant et mobile, prompt à saisir tout ce qui passait à sa portée.

Ah, je n'ai pas mis longtemps à faire demi-tour et à rentrer chez moi !

Le coeur battant à tout rompre, je m'égarai dans de multiples interrogations... comment ma belle province, berceau de l'intelligence créatrice et de la subtilité littéraire (je ne pense pas à moi en disant cela, mais à Philippe Claudel), avait-elle pu retourner aux obscurités des lointaines époques où les reptiles carnivores grouillaient sur la terre ? Ou bien quelque cinéaste fumeux s'apprêtait-il à jouer un quelconque Lotharingic Park ?

Mais je m'aperçois que j'ai omis de vous montrer l'animal ... vite, mon appareil, un petit transfert, et hop, on va ensemble regarder la chose et tenter de comprendre. Cliquez vite sur l'image ...

Ah oui, au fait, après coup, comme ça n'avait pas l'air de bouger, je suis allé, prenant mon courage à deux mains, y voir de plus près.

Sur le ventre de l'animal (apparemment endormi), il était écrit John Deere.

Mais jusqu'où la pub va-t-elle se nicher ? une publicité pour une marque de tracteurs sur un animal préhistorique, faut oser quand même !


Mardi 18 novembre ... Je suis sûr que cette image va évoquer pour vous quelque chose ...

Bien sûr, il faut cliquer pour l'agrandir.

Bien sûr, elle a été un peu modifiée.

Mais je suis convaincu que vous savez de quel album elle tire son origine.

Si vous ne savez pas, c'est "Astérix et les goths".

Pour la circonstance, je reformule le titre : "Le PS et l'ego".

Ce n'est pas vraiment de moi, je me suis inspiré d'un journal qui titrait hier : "le PS pratique le tout à l'ego" ... pas mal non plus.

En tous cas, ce n'est pas "Le PS et les égaux" !


Lundi 17 novembre … Hier dimanche, l’évangile du jour prêtait à mon sens gravement à confusion.

Surtout dans le contexte actuel de crise financière, avec par-dessus le marché tous ces traders qui magouillent à qui mieux mieux, et toutes ces banques qui font mumuse avec notre argent.

Il s’agissait de la parabole des talents. Bien sûr, vous la connaissez par cœur. Si toutefois certains détails sont sortis de votre mémoire, cliquez ici pour la relire. Et souvenez-vous qu’un talent, à l’époque de Jésus, c’était vraiment beaucoup d’argent.

C’est bon, vous avez lu ? Voici donc maintenant mes questions :

  1. qu’est-ce que c’est que ce maître indélicat qui moissonne là où il n’a pas semé et qui récolte ce qui ne lui appartient pas ? Ne peut-on y voir une figure de ces traders qui nagent dans la bulle financière spéculative déconnectée de l’économie réelle ?

  2. quelle sorte de placement ont bien pu faire les deux premiers serviteurs pour doubler leur avoir sans se livrer eux aussi à une spéculation hasardeuse et néanmoins fructueuse ? Sûrement pas à la Caisse d'Epargne, à 4 % l’an, il faut 19 ans pour doubler la mise. Ou alors, le maître est vraiment parti pour un très long voyage !

  3. dans la conjoncture que nous connaissons, j’aurais personnellement félicité plutôt le troisième serviteur, celui qui a caché son fric dans la terre plutôt que de magouiller comme les deux autres. Tous ceux qui sont en ce moment en train de voir leurs placements fondre comme neige au soleil après le réchauffement climatique comprendrons à quel point il est sage de ne rien faire et de laisser son argent dormir dans un coin plutôt que de prendre des risques inconsidérés.

  4. Pour prolonger ce propos, le maître est bien mal avisé de reprocher à son serviteur de ne pas avoir mis l’argent à la banque. Franchement, ne croyez-vous pas que c’eût été la dernière chose à faire ?

Moralité, ne comptez pas sur les évangiles pour vous aider à placer votre argent.

A plus forte raison s’il faut le rendre à César.

Franchement, je préfère le premier texte de ce jour, celui du livre des Proverbes, qui vante les mérites de la femme vaillante. Faire bosser sa femme dès avant le lever du soleil, voilà une idée pour s'enrichir. Et si en plus elle met la main à la quenouille, c'est vraiment joindre l'agréable à l'utile !

Avec ça, la seconde lecture, celle de Saint-Paul, conseillait à chacun de rester sobre, ce qui, aussi bien en matière financière qu’en matière alcoolique, ne peut qu’être profitable à tous.

Je pense que je ferais bien de m’inspirer de cette suggestion du grand Paul, cela éviterait certains débordements contestables de cette chronique.


Dimanche 16 novembre ... Dimanche, jour du Seigneur, il s'impose que je vous parle de ce qui cause ma perplexité en ce jour.

J'ai en mains un opuscule qui porte en titre "catalogue d'objets culturels chrétiens".

Passe encore que j'y trouve la Bible pour les Nuls, qui s'adresse sans doute à ceux pour qui Jésus disait "heureux les pauvres en esprit".

A 29,90 €, ce n'est pas tout à fait destiné à ceux qui ont compris que "pauvres en esprit" ne signifiait pas "pauvres d'esprit", mais "qui ont un esprit de pauvreté".

Ce qui m'interroge davantage, c'est que l'on trouve aussi dans ce catalogue le DVD de "Bienvenue chez les Ch'tis" ...

Vérification faite par retour à la couverture, j'avais bien lu : catalogue d'objets CULTURELS CHRETIENS.

So what ? Admettons que "Bienvenue chez les Ch'tis" soit un produit culturel. Admettons. N'ayant pas boudé mon plaisir à le voir, je ne vais pas faire la fine bouche.

Et à partir du moment où Michel Onfray (dont on ne trouve pas les ouvrages dans le catalogue chrétien dont je vous parle, même pas son célèbre "traité d'athéologie"), à partir dis-je du moment où Michel Onfray écrit un livre entier pour faire l'apologie du plaisir, je me dois d'admettre que le plaisir immédiat, brut de décoffrage, sans mise en question ni en perspective existentielle, le plaisir simple et sans honte inutile, fait aussi partie de la culture, et même de la culture philosophique.

Mais "chrétien" ?

Je suis plongé dans un océan de points d'interrogation, heureusement recourbés pour éviter de piquer. A moins qu'il faille voir là un quelconque mystère divin ?

Je me demande si celui qui a inscrit ce film au catalogue n'a pas confondu le beffroi de Bergues avec un clocher d'église !

D'où ma conclusion, en vers, et contre tout :

Quand j'entends le beffroi

Et ses cloches qui sonnent

Je suis saisi d'effroi

Ce carillon détonne (au début, j'avais écrit autre chose que "détonne")

C'est encore cet ivrogne

Qui monté tout là-haut

Avec sa rouge trogne

Joue Fa sol la si do

Tiens, à propos d'ivrogne, cela me fait penser au dernier mot valise que j'ai inventé.

Alcoolonie de vacances : séjour d'été au cours duquel on enseigne à nos jeunes à devenir de bons petits ivrognes français bien de chez nous.

Libre à vous de chercher un éventuel rapport avec les Ch'tis ...


Samedi 15 novembre ... Naturellement, vous savez, comme moi, que dès le premier décembre prochain, les étrangers qui auront la prétention de venir en France avec leur petite ou leur grande famille devront passer un test de connaissance de la langue française et un autre de connaissance des valeurs de la République.

Tout aussi naturellement, je constate après moult recherches sur Internet que le contenu des dits tests de connaissance est soigneusement tenu secret, ce qui est la moindre des choses si on veut éviter le bachotage.

Tiens, ça me fait penser à une anecdote. Un copain, pour se préparer à un examen oral d'hébreu en première année de fac, avait appris les textes et leur traduction par coeur, après les avoir fait enregistrer par un autre étudiant.

Il fut brillantissime ... jusqu'au moment où le prof lui fit remarquer qu'il tenait son texte hébreu à l'envers ...

Retour donc aux avaleurs de la République.

J'aurais pourtant bien voulu savoir ce que l'on entendait au juste par "connaissance de la langue française et des valeurs de la République".

Bien sûr, je ne suis point étranger. Mais sait-on jamais ? Avec un père réintégré dans la nationalité française par le Traité de Versailles, est-ce si sûr ?

Bon, j'espère que personne n'aura l'idée de tenter de me faire tomber dans les chausses-trappes, pardon les chausses-trapes, pardon les chaussetrapes, pardon les chausse-trappes ou les chausse-trapes de la connaissance de la langue française, puisque aussi bien je viens à l'instant de démontrer que j'étais infichu d'orthographier correctement ce mot d'un usage ô combien courant.

Sont mal barrés, nos futurs immigrants, si on leur pose des questions sur le pluriel des mots composés (au bout de mon village, il y a un sens interdit avec un panonceau "sauf ayants droit". Le croiriez-vous ? Je connais même des français qui ne savent pas accorder correctement ce mot !)

Quant aux valeurs de la République, il semblerait qu'on va poser des questions sur la laïcité et sur la gratuité de l'enseignement en France ... mais qu'entend-on par gratuit et par laïc ?

Bon, il me semble malgré tout excessif de céder à la panique.

En effet, j'apprends que les personnes de plus de soixante-cinq ans en seront dispensées.

Allons, si la fantaisie me prend de quitter la Moselle pour venir habiter en France, il me suffira d'attendre cinq mois et un jour.

Et vous au fait, connaissez-vous assez les maths pour en déduire ma date de naissance ?

Si vous ne le pouvez pas, alors vade retro ... que nul n'entre ici s'il n'est géomètre !


Vendredi 14 novembre ... Qu'on se le dise et se le tienne pour dit, je me laisse pousser la barbe.

Je me demande si ce n'est pas un motif de résiliation du contrat qui me lie à mon éditeur, à qui j'avais fourni pour les quatrièmes de couverture une photo où je suis glabre.

Mais qu'on se le dise et se le tienne pour dit, je ne me laisse pas pousser la barbe par désir de cacher mon identité et d'ainsi échapper aux menaces qui planeraient sur moi en raison de quelque propos douteux tenu dans cette chronique - ce genre de choses ne m'est jamais arrivé, j'en appelle au témoignage de ceux qui me lisent quotidiennement et attendent la mise à jour de mon site comme le veilleur attend l'aurore ou le soldat romain du camp de Babaorum espère la relève - je la laisse pousser pour fournir un écrin harmonieux à l'esthétique de mon visage.

Et comme l'esthétique, ça se cultive, la barbe, ça se taille.

Contrairement à la rhu-barbe, qui ne se taille pas et n'a guère besoin de se cultiver.

J'ai donc acheté une tondeuse à barbe, qui peut accessoirement servir pour les poils du nez et des oreilles ainsi que les sourcils, je n'insisterai pas sur ces détails assez répugnants.

Voici ce que je lis sur la notice jointe (en treize langues, mais je vous épargnerai le turc ou le grec et irai directement au français) :

"Cet appareil n'est pas destiné à être utilisé par des personnes (notamment des enfants) dont les capacités physiques, sensorielles ou intellectuelles sont réduites ou par des personnes manquant d'expérience ou de connaissances, à moins que celles-ci ne soient sous surveillance ou qu'elles aient reçu des instructions quant à l'utilisation de l'appareil par une personne responsable de leur sécurité."

Cette mise en garde me plonge dans la plus totale perplexité.

- qu'est-ce que des enfants pourraient bien f... avec une tondeuse à barbe ?

- étant donné qu'il faut un minimum de capacités pour lire cette mise en garde, ne devient-elle pas superflue de ce simple fait ? N'aurait-il pas mieux valu l'enregistrer sous forme de message audio (je n'ai pas dit "idiot", mais "audio") à la portée de tous (encore qu'il faille savoir se servir d'un lecteur de cassettes ou de CD).

- Philips ne craint-il pas une baisse inquiétante de ses ventes de tondeuses à barbe (et à moustache, j'allais oublier) s'il en interdit l'usage aux débiles ? aux personnes en échec scolaire ? aux adhérents, indifféremment, du PS, de l'UMP, du PC, du PMU (ah non, ça c'est pas un parti politique !).

- et moi et moi et moi ? sous la surveillance de qui vais-je bien pouvoir me mettre pour me tondre la moustache et les poils du nez ? qui va me donner les instructions nécessaires pour m'éviter un danger plus ou moins mortel (lequel au juste ???) quand l'infernale machine me tient par la barbichette ? ma maman n'est plus là pour veiller au grain, et toutes les personnes que je connais ont autre chose à faire que de me regarder lisser mes poils en veillant à ce que je ne mette pas le bout du fil électrique dans mes trous de nez (c'est à peu près le seul danger réel que j'aie pu identifier, je peine à entrevoir l'hypothèse d'un massacre à la tondeuse, rappelons que nous parlons de tondeuse à barbe et non pas à gazon).


Jeudi 13 novembre ... Il semble que nous nous acheminions tout doucement vers une élection triomphante de Ségolène Royal à la tête du PS ...

Ségolène, à propos de qui j'ai inventé il fut un temps le verbe "ségosiller", qui signifie à peu près "s'agissant d'un chef de parti politique, se casser la voix en essayant de rameuter ses troupes". N'était-ce pas prémonitoire ?

Non, je vous en prie, n'applaudissez pas, j'ai l'habitude, je suis doué pour la prémonitude.

Chère Ségolène, et son concept de "bravitude" ... si je veux être dans ses petits papiers (pourquoi y serais-je, je me le demande, mais on ne sait jamais, principe de précaution oblige), il me reste à me mettre à son unisson en termes de lexique. Alors, allons-y :

Puisque le fait d'être brave s'appelle la bravitude, le fait d'être certe doit s'appeler la certitude, le fait d'être plein la plénitude, le fait d'être alte l'altitude, le fait d'être sole la solitude, le fait d'être habe l'habitude, le fait d'être atte l'attitude, le fait d'être ... mais j'arrête là !

Et puis après tout non, je n'arrête pas, il m'en revient deux autres tout d'un coup, dont je suis assez satisfait.

Primo : le fait d'arrêter de se crêper le chignon entre dirigeants du PS : la décrêpitude !

Secundo : un rassemblement de têtes de mules : une muletitude. Ex. "comme d'habitude, il y avait une muletitude innombrable au congrès du PS"

Et voilà tout plein de beaux néologismes prêts à l'emploi, et je ne me fais même pas payer, faut-il que j'aie de la sympathie pour cette chère Ségolène et sa ségolénitude !

Pourtant, avec l'excès de zèle républicain pour ne pas dire cocardier qui l'avait conduite à proposer de mettre le drapeau français à toutes les fenêtres le 14 juillet, elle m'avait un peu réphrygéré !

Or, ce n'était à la réflexion pas une si mauvaise idée.

Dans le catalogue CAMIF Collectivités, on trouve des drapeaux français de belle taille (100 cm x 150) pour 25,63 € ttc pièce.

Imaginez que l'on en mette un devant chacun des 15 millions de logements français (je sors ce chiffre de mon seul pouvoir de déduction, ne cherchez pas à vérifier), cela ferait 384.500.000 € de chiffre d'affaire.

Et voilà comment on sauve la CAMIF. Pardon, comment JE sauve la CAMIF.

Je pousserai la proposition encore plus loin. Obligeons tous les français à afficher le drapeau européen (32,08 € pièce), et pourquoi pas, un autre drapeau de leur choix (de préférence un relativement cher, ça va jusqu'à 42,31 €).

Décidément, avec une pareille avalanche de bonnes idées, si Madame Royal ne me prend pas comme conseiller personnel, c'est qu'elle a de sacrées oeillères !

De toutes façons, que voulez-vous que j'aille f... en Poitou-Charentes, où je passerais mon temps à me lamenter dans l'attente du temps incertain où je reverrai de mon petit village fumer la cheminée et où je reverrai le clos de ma pauvre maison qui m'est une province et beaucoup davantage ?

Tiens, cette phrase sonne pas mal, on dirait presque du Du Bellay !


Mercredi 12 novembre ... Je viens de trouver dans un vieil opuscule l'origine du mot "NYLON".

Il paraîtrait que cette fibre textile aurait été inventée pendant la dernière guerre mondiale par la firme Dupont de Nemours, puis aussitôt employée à fabriquer des parachutes, occasion de pondre un très joli slogan qui disait "Now You're Lost, Old Nippons" (maintenant, vous êtes foutus, vieux japonais).

Voilà ce que j'aurais dû répondre l'autre jour à mon banquier japonais dont j'ai appris, par l'entremise de quelques amis bienveillants et pratiquant sa langue, qu'il m'avait en fait envoyé paître, le mot "paître" étant ici un euphémisme employé en lieu et place d'un terme beaucoup plus vulgaire.

Mais venons-en à mon coiffeur comme promis.

Donc, puisque vous avez relu ma chronique du 24 mars, vous savez que cet artiste capilliculteur m'avait fortement perturbé en mettant face à son miroir mural une horloge qui donnait l'heure à l'envers.

Eh bien, jeudi dernier, j'observai, tandis qu'il me coiffait avec tout le brio habituel (j'ai une chevelure particulièrement difficile à coiffer vu l'abondance qui la caractérise) qu'il avait une bande Velpeau étroitement serrée autour du poignet et, compatissant, lui demandai ce qui lui était arrivé.

Il m'expliqua qu'il avait fait du crépi et que le mouvement répétitif (et non pas répéti-tif bien qu'il fût coiffeur) de la truelle avait provoqué une sorte de tendinite.

Je rétorquai, histoire de montrer à quel point j'avais aigu le sens de l'observation : "vous êtes donc gaucher ?" (car bien que je fréquente ce même salon de coiffure depuis dix-sept ans, je continue à le voussoyer).

Il rit et me répondit que je n'étais de loin pas le premier - ça me rassure - à lui poser cette question.

Je réalisai alors que je parlais à son reflet dans la glace.

Au même moment, deux voitures strictement identiques et venant l'une en face de l'autre dans la rue se télescopèrent et disparurent comme par enchantement, sans doute désintégrées, événement (ou évènement) qui m'aida fortement à penser à autre chose.

Mortifié j'étais ... le coup du goupil attrapé par un gallinacé ...

En forme d'excuse, je précise que je suis moi-même gaucher contrarié, ce qui m'apparente à Michel Serres, excusez la comparaison ...


Mardi 11 novembre ... Ne m'en veuillez pas si je remets à demain mes considérations sur mon coiffeur, mais je m'avise soudain que nous sommes le 11 novembre, et que la France commémore avec faste le 90ème anniversaire de l'armistice de la guerre de 14-18.

Commémore ... comme mes morts, le jeu de mots est facile, mais de circonstance.

Dans le brouhaha actuel lié à cette commémoration, je ne pouvais pas ne pas y aller de mon commentaire !

C'est le fruit du hasard et n'a rien à voir avec la date, mais je viens de faire un tour dans le petit (tout petit) cimetière de mon village (en fait, pour redresser les pots renversés par le vent).

Un peu d'attention m'a conduit à réaliser qu'il y avait dans ce cimetière trois tombes de soldats (deux soldats et un capitaine, avec une stèle évidemment plus luxueuse que les deux autres) morts pour la France.

Ils appartenaient tous les trois au 24ème bataillon de chasseurs alpins, et sont tous les trois morts le 20 août 1914.

Quand on songe que l'Allemagne a déclaré la guerre à la France le 3 août de la même année, on doit se dire que "leur" guerre de 14 fut bien brève et qu'on n'a même pas eu l'occasion de les surnommer "poilus" (moi qui me laisse pousser la barbe depuis quinze jours, je peux vous dire que ça ne justifierait pas cette appellation).

Un peu de recherche sur Internet m'apprend que leur unité a participé à ce que l'on a appelé par la suite la "bataille de Morhange".

Juste pour qu'on se souvienne de ces trois hommes dont le nom m'est déjà sorti de la tête (mais j'ai moins de 50 mètres à faire si je veux aller leur dire un petit bonjour), voici un lien vers un récit de cette bataille, également dite "bataille de Lorraine".

Un éditorialiste se demandait hier matin si, après le décès du dernier poilu, il ne faudrait pas remplacer le mot "mémoire" par le mot "histoire".

Ajouter une bataille lexicale à celle de Morhange ou de la Marne ou de Verdun ou d'ailleurs, très peu pour moi.

Etre enterré dans mon village ou être le soldat inconnu, c'est pratiquement la même chose. Alors moi, sans faire ni d'Histoire, ni d'histoire, j'ai juste envie de penser et de faire penser un moment à ces trois hommes pour qui le mot "histoire" et le mot "mémoire" ont perdu tout leur sens d'en seul coup, deux semaines après le début de la connerie de 14-18.

"Moi mon colon, celle que j'préfère, c'est la guerre de 14-18" (Brassens)

Voilà, c'était MON 11 novembre à moi ...


Lundi 10 novembre ... Il me revient à la mémoire une charmante chanson que connaissent tous les gens de ma génération qui ont animé des colonies de vacances.

Cette chanson dit ceci :

"Jean Renaud a un pommier qui fleurit qui bourgeonne (bis)

Qui fleurit qui bourgeonne, qui n'rapporte jamais de pommes

Danse encore un p'tit trot sous l'pommier, sous l'pommier

Danse encore un p'tit trot sous l'pommier à Jean Renaud"

La suite se devine ... Jean Renaud a deux pommiers, et toujours pas l'ombre d'une pomme.

Et trois, et quatre, et ainsi de suite.

Figurez-vous que j'ai calculé qu'en poursuivant huit heures par jour depuis le temps lointain où j'étais mono de colo, j'en serais à un peu plus de sept millions de pommiers.

Un sacré verger, et tout ça pour des prunes, si j'ose ainsi m'exprimer ! Pauvre Jean Renaud !

Ce truc se dansait sur un pas très compliqué qui associait le croisement d'une jambe devant l'autre (et alternativement) le balancement du corps vers l'avant, le jeté des bras en l'air en décrivant un cercle en même temps que la jambe croisait l'autre tandis que le buste se penchait puis ... bref, il fallait être un peu bourré pour y arriver.

Ce qui ne veut pas dire que ça se dansait comme une bourrée ...

Tout ça pour dire que Jean Renaud, bisque bisque rage, n'a pas connu MON pommier, dont voici une photo :

Avouez qu'une pareille branche, ça vous épate ! (au cas où vous ne me croiriez pas, ce sont vraiment des pommes)

Hélas, trois fois hélas, c'est très beau mais ... voici une de ces pommes, posée à côté d'une vieille montre à moi (j'ai pensé un moment vous faire croire que c'était une pendule, mais certains indices vous en auraient fait douter) :

Pour comble de malheur, cette montre ne marche plus, comme l'indique le fait que, même si vous cliquez plusieurs fois sur la photo, elle restera obstinément bloquée à 15h34 et 35 secondes.

Allez, demain je vous parlerai de mon coiffeur. En attendant, allez donc relire ma chronique du lundi 24 mars (je suis sympa, je vous mets un lien direct vers le mois de mars), elle vous mettra dans l'ambiance.

Soyez patients, demain vous comprendrez !


Dimanche 9 novembre ... J'aime beaucoup les chiens (particulièrement les chiens chauds, in french "hot dog").

Enfin, quand je dis que j'aime beaucoup ... avec quelques exceptions, et ne comptez pas sur moi pour dire lesquelles, ne sachant pas qui fréquente mon site, je ne voudrais me fâcher avec personne.

En tous cas, dans la petite ville voisine, j'ai vu deux écriteaux qui m'ont passablement réjoui, et qui ont tous deux trait à la gent canine.

Le premier dit ceci : "attention, chien bizarre".

Je me perds en conjectures, primo sur ce en quoi peut bien consister la bizarrerie en question. Remue-t-il la queue verticalement ? Aboie-t-il en hongro-finnois ?

Et secundo sur ce qui a fait que ses maîtres se sont crus obligés d'en avertir les passants.

Le second écriteau disait : "Vous aimez votre chien ? Aimez aussi ses crottes, arrangez-vous pour qu'il les fasse devant chez vous".

J'apprécie beaucoup le conseil, bien que, n'ayant pas de chien, je ne me sente pas concerné. Ayant par contre déjà mis le pied dans la ..., je comprends parfaitement l'exaspération qui aura conduit à afficher cette injonction.

Ceci me rappelle un épisode tout à fait charmant bien que fort ancien.

J'étais arrêté au volant de ma voiture pendant que mon épouse faisait quelque achat. Une vieille dame bien propre, sans doute adorable, et tenant en laisse un de ces petits roquets minuscules et absolument immondes qui vous aboient au nez comme si vous leur aviez marché sur la queue, sentant que le cabot tirait sur sa laisse, le laissa faire en plein milieu du trottoir sa petite crocrotte, en tout proportionnée à la taille de la bête, mais néanmoins parfaitement située pour que plusieurs personnes puissent s'en tartiner les semelles.

Après que le chien eut fini son affaire, la dame au clebs sortit de son sac, non pas une épée (l'épée de la dame au clebs, ah ah ah), mais un rouleau de papier WC.

En mon for intérieur, je pensai : "voilà une dame bien propre, qui va ramasser la crocrotte de son chienchien et la mettre dans le caniveau".

Mais bernique, j'étais naïf ô combien. La dame souleva la queue de l'animal, lui essuya consciencieusement le derrière, et posa la feuille de papier sur la crotte, laquelle resta en plein milieu de trottoir, mais garnie d'une feuille rose qui pouvait donner à croire qu'elle venait d'une autre sorte d'animal.

Puis la dame, satisfaite du devoir accompli, s'éloigna. J'en restai comme deux ronds de flan. Et à vrai dire, je n'en suis pas encore revenu. La preuve, j'en parle encore vingt ans après.

Après un tel laps, le chien et la dame sont certainement morts. Aussi, paix à leur âme, il y a prescription ...


Samedi 8 novembre ... Konnichi wa, ou Konban wa, selon le moment où vous lirez cette chronique.

Eh oui, il m'a fallu me mettre au japonais !

Avec la crise économique qui sévit actuellement, rien n'est plus difficile que de trouver une banque qui accepte de me prêter l'argent dont j'ai le plus grand besoin pour entretenir ce site Internet qui, depuis qu'il est logé chez un hébergeur professionnel, me coûte 8,11 € ttc par an ...

J'ai tenté ma chance partout, pour finir par une banque japonaise. Je sais que le Nikkei est niqué, mais comme le CAC40 est en crack 40, le Dow Jones est fait d'eaux jaunes, et Wall Street, comme son nom l'indique, va dans le mur, j'ai quand même essayé du côté de Tokyo.

J'ai donc appris quelques mots de japonais (bonjour et bonsoir) pour essayer de les amadouer.

Ils s'y sont si bien trompés qu'ils m'ont répondu dans cette belle langue, supputant que je comprendrais.

Hélas, mes connaissances sont un peu limitées.

Je vous livre donc leur réponse, en espérant qu'un de mes nombreux lecteurs (l'avantage d'être chez un hébergeur payant, c'est que je sais combien vous êtes à consulter mon site, ô amis innombrables !). La voici :

 

 

Je crois comprendre qu'ils ont accepté ma demande de prêt, non ? Si vous arrivez à déchiffrer ce message, tenez-moi au courant, l'incertitude me ronge ...


Vendredi 7 novembre ... les amis de nos amis étant nos amis, l'ami de l'ami qui a envoyé à cet ami le texte qui suit, que cet ami m'a envoyé ne devrait pas prendre ombrage de ce que j'utilise ce texte sans rien y changer et sans lui verser de droits d'auteur.

Ce texte est en effet ce que j'ai jusqu'à présent trouvé de plus simple et de plus clair pour expliquer la crise des subprimes à laquelle je n'avais rien pigé jusqu'à ce jour.

Il est donc légitime, et d'utilité publique, que je partage avec vous ma connaissance toute neuve.

Voici : le texte est intitulé "les subprimes pour les nuls"

Crise des subprimes: une explication très simple pour ceux qui essayent encore de comprendre :

Alors voilà, Mme Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais.

Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée. Vu qu'elle vend à crédit, Mme Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.

Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, aux Bourses de Francfort et de Paris, etc, à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.

Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.

La buvette de Mme Ginette fait faillite.

Quant au banquier....vous connaissez la suite !

Et cric et crac (que l'on peut également écrire "et crack"), mon histoire est finie. Merci qui ?


Jeudi 6 novembre ... je vous ai sentis impatients, frémissants même, dans l'attente insupportable des révélations que je vous ai annoncées.

Des miettes de révélations, plutôt, puisque j'ai promis tant au Père qu'au Fils et au Saint-esprit, de sorte que je ne saurais me dédire, de ne rien dévoiler de fondamental de ce que j'avais vu au cours de ces journées qui furent pourtant comme mille ans, puisque le temps ne compte pas en ce lieu qui n'est pas un lieu.

J'ai déjà eu l'occasion de vous dire que Dieu ne portait pas de barbe. J'ai appris aussi que les ailes des anges n'étaient pas d'origine, mais qu'elles étaient rapportées (en fait, on leur greffe des plumes de diverses sortes d'échassiers).

J'ai proposé que mon village envahi de toutes sortes d'oiseaux - j'ai déjà eu l'occasion de vous en entretenir - devienne le fournisseur attitré des troupes célestes. Le contrat est sur le point d'être cygné, pardon, signé ...

On m'a promis de m'envoyer une grue pour faire monter toutes ces plumes à la bonne hauteur. Une grue !... mais j'en ai déjà plus qu'il n'en faut !

Mais voici quelque chose de bien plus important. Le grand Saint Pierre (Dieu ne m'a octroyé qu'un bref entretien, il attend que le chiffre des ventes de mes livres augmente pour m'accorder davantage de considération) m'a expliqué pourquoi, dans certaines églises, il y avait de petits crochets métalliques au dos des bancs, et pourquoi ces crochets n'existaient que du côté droit, jamais du côté gauche.

Nul doute que la face du monde civilisé sera changée quand vous aussi vous saurez ...

C'est tout simplement parce que les hommes s'asseyaient à droite et faisaient pendre leurs chapeaux à ces crochets.

Saint Pierre, qui est resté assez traditionaliste (lui porte la barbe) en a profité pour me glisser dans l'oreille que si je pouvais mettre à profit ma notoriété et celle de mon site Internet pour amorcer un mouvement de retour vers cette ô combien justifiée tradition consistant à séparer les hommes et les femmes dans les églises, il pourrait faciliter l'obtention de ce fameux marché de plumes de cigognes et autres hérons.

Moralement, cette histoire de séparation des hommes et des femmes me semble amplement motivée.

Physiologiquement parlant, je ne suis pas sûr que cela ne présente pas quelques inconvénients au niveau de la vision, avec une tendance à avoir le regard en biais, vers la gauche pour les messieurs, vers la droite pour les dames.

Mais je passe néanmoins le message, car je tiens à avoir ce marché de plumes. Ils payent bien et sont solvables, eux ! et par les temps qui courent, ça n'a pas de prix !


Mercredi 5 novembre ... à l'instant où j'écris, j'ignore encore tout des résultats des élections américaines.

Cependant, j'ai à vous entretenir de sujets autrement plus importants.

Vous vous êtes sans doute demandé où j'étais passé pendant ces quatre jours ?

Eh bien figurez-vous que j'ai vu Dieu !

Comme je sens que vous n'allez pas me croire, il me faut vous expliquer par le détail comment les choses se sont passées.

J'ai découvert, tout près de l'église de mon village, un tilleul un peu particulier. Son tronc se séparait en trois grosses branches qui évoquaient la Trinité, ce qui ne pouvait pas manquer, étant donné la proximité de l'église, de frapper l'imagination.

Mais, bien plus encore, la branche du milieu était percée d'un trou qui faisait indubitablement penser (cela paraîtra évident à tous ceux qui ont déjà vu la chose de près) à une déchirure du continuum spatiotemporel.

Je me suis donc engouffré dans ce trou et, après quelques acrobaties, je me suis retrouvé dans un autre lieu dont j'ai vite réalisé en ouïssant le froufrou des ailes des anges qu'il s'agissait du Paradis.

J'ai sans difficulté - vu qu'il est partout à la fois - trouvé Dieu le Père, et nous avons eu une passionnante conversation.

J'ai dû malheureusement promettre de n'en rien révéler, car, m'a-t-il dit : "si les hommes savaient ce que c'est réellement que le Paradis ... !"

Je n'ai pas pu lui faire préciser davantage sa pensée, par nature insondable. Mais j'ai promis de ne rien dire.

Ou du moins rien de déterminant. Juste de petits détails.

Je suis donc autorisé à vous dire que Dieu ne porte pas la barbe, contrairement à ce que tout le monde croit.

Ce n'est à vrai dire pas trop gênant, car le port de la barbe ne figure pas dans le credo et n'est pas un article de foi.

Demain, je vous dirai autre chose qu'il m'a révélé, et qui dévoile un mystère resté jusqu'à présent - du moins pour moi - sans explication.

Un peu de patience, vous saurez tout très bientôt ...


Samedi 1er à mardi 4 novembre ... Etant donné que je vais être dans l'incapacité pendant quatre jours de vous abreuver avec ma chronique (un peu de diète ne peut pas faire de mal après que vous ayez absorbé avec constance tant de choses peu digestes que rien du reste ne vous obligeait à absorber), je vais simplement vous offrir quelque chose qui, je l'espère, vous permettra de tenir pendant ces heures sombres et vous réjouira le coeur autant que cela réjouit le mien.

C'est, très simplement, LE morceau de musique qui, parmi tout ceux que je connais et apprécie, me remue au plus profond de l'âme.

Pour l'entendre, il vous suffit de cliquer sur     les notes ...

(attention, 5 Mo quand même, j'espère que vous avez l'ADSL !)

C'est le Laudate Dominum des Vêpres Solennelles d'un Confesseur de Mozart, chanté par Barbara Hendricks. Je ne connais rien au monde de plus poignant.

La ferveur à l'état pur.

Et à mercredi prochain ...